Histoire d’Espoir Santé
Michel Cornand juin 20th, 2007

L’association « Espoir Santé » est une organisation non gouvernementale (ONG) créée en 1995 par Michel Cornand, Jean-Luc Batel et Yves Halimi, tous originaires de la région d’Aix-en-Provence. Appelés à travailler régulièrement en Côte d’Ivoire, ils ont été invités au village de Bringakro par un collaborateur né au village. Dès leurs premières visites, ils ont été frappés par le grand dénuement sanitaire de la population, en dépit de l’existence d’un centre de santé embryonnaire, créé par une équipe d’universitaires suisses. La volonté d’améliorer les structures existantes et de mettre en place un schéma de gestion à long terme les a décidés à lancer « Espoir Santé ». Dix ans plus tard, l’association compte de nombreux adhérents et donateurs, qui financent l’intégralité des dépenses nécessaires au fonctionnement et au développement du centre de santé. Depuis sa création, les adhérents veillent bénévolement à l’acheminement des médicaments, en fonction des besoins de la population locale.

Historique du centre de santé de Bringakro
Depuis de nombreuses années, une « case rurale de santé » pour le pays Sinzénou existait à Bringakro, mais elle ne servait guère qu’ au stockage de quelques médicaments. Au début des années 90, un centre de recherche financé par une université Suisse s’est installé au village. Ce centre de recherche sert, aujourd’hui encore, de point de chute aux étudiants de cette université en dernière année de biologie de laboratoire. Pour remercier les autorités locales d’avoir autorisé leur installation, les universitaires ont financé la conversion de la « case rurale de santé » existante en « centre de santé ». Ils ont donc construit un bâtiment en dur.
L’équipe suisse a également assuré la mise en place d’un premier stock de médicaments pour que le centre de santé puisse fonctionner. Malgré l’absence d’eau potable, il est rapidement devenu le centre médical de toute la population du pays Sinzénou.
La gestion quotidienne du centre a été confiée à quelques jeunes du village ayant eu la chance d’avoir accès aux études. Dès lors, la gratuité totale supprimée, des sommes modiques ont été demandées à chaque famille pour un accès aux soins, actes et médicaments. Ces maigres revenus ont rapidement permis au centre de s’équiper en électricité, puis de faire l’achat d’un réfrigérateur (préalable indispensable au stockage de vaccins) ainsi que d’assurer la paie des agents de santé. L’arrivée de l’électricité, a permis d’envisager des forages pour assurer une distribution en eau potable aux villageois.
Notre association s’est chargée d’installer des pompes dans le village qui ont permis d’éviter l’emploi de l’eau des marigots et par la même, de diminuer substantiellement les maladies et la consommation d’antibiotiques.
De nouveau la gestion de l’eau (qui n’est distribuée que deux fois par jour durant une heure) a nécessité la mise en place d’une cotisation par famille (environ 30 cts d’euros par mois) pour assurer le paiement de la facture d’électricité et des éventuelles pannes pouvant survenir sur les pompes.
Le centre de santé n’étant pas outillé pour réaliser des opérations suite à accidents ou des accouchements difficiles, notre association l’a doté d’une ambulance destinée a évacuer les urgences sur l’hôpital le plus proche (80 Km).
Grâce à des soutiens locaux nous avons pu obtenir du gouvernement Ivoirien le financement d’un poste à plein temps pour infirmier d’état ainsi qu’une permanence d’un médecin une fois par mois.
Notre association a soutenu activement ce développement d’autant plus remarquable que le pays est en situation de guerre et que les conditions sur place sont extrêmement difficiles.
Et l’histoire continue…
